Reconquête morphologique du lit de la Loire


Complémentairement aux deux actions expérimentales, mais ponctuelles, que sont le double seuil d'Ingrandes/Le Fresne et le remodelage des épis entre le bec de Maine et le Pont de l'Alleud, il a été décidé de réaliser une étude de "Définition d'une stratégie de reconquête morphologique du lit de la Loire entre Les Ponts-de-Cé et l'agglomération nantaise" sous Maîtrise d'Ouvrage du G.I.P. Loire estuaire. Encore une étude diront certains, il n'y a qu'à, etc.

En fait, le temps passé n'a pas été du temps perdu car il a permis d'engranger une somme d'informations issues d'expérimentations plus ou moins satisfaisantes, de campagnes de mesures de plus en plus fines, de confrontation d'hypothèses de travail qui ont enrichi la réflexion. Le moment est sans doute venu d'élaborer une stratégie globale qui s'inscrive dans le moyen terme.

Le graphe de la ligne d'eau d'étiage entre La Pointe et Bouchemaine (ci-contre) montre bien, qu'en un siècle, l'approfondissement du lit a entraîné un abaissement de la ligne d'eau et qu'il y a, simultanément, une accentuation de la pente. Cela montre bien, aussi, toute l'ampleur du phénomène qui progresse d'environ -1,80 m à plus de - 2,50 m dans la région nantaise. En regard des sections d'écoulement, nous sommes confrontés à des volumes de substrats perdus considérables. Le problème se complique dans la mesure où, dans ce bief, nombreux sont les bras secon-daires dans lesquels les débits ont été déséquilibrés pour satisfaire aux exigences de disposer d'un chenal navigable.

Enfin, pour compliquer le problème, s'il en était besoin, vient s'ajouter le fonctionnement de la partie estuarienne de la Loire, en aval de Nantes où l'augmentation du volume oscillant dans l'estuaire, à chaque marée, a des conséquences sur le surcreusement longitudinal du lit en aval de Nantes et du bassin de marée, en amont de Nantes.

 Le contenu de l’étude

Les attendus de cette étude sont :

- d’apporter aux partenaires du PLGN les éléments d’analyse leur permettant de faire le choix d’un scénario de reconquête réaliste au regard des objectifs recherchés et des questions de faisabilité,

- d’identifier et de préfigurer les actions constituant le programme d’intervention en s’appuyant sur les moyens d’action déjà identifiés dans le cadre des études et expertises précédentes et en proposant des moyens d’intervention si possible novateurs complémentaires,

- d’accompagner les opérations à court terme menées au titre du PLGN 3 en les replaçant dans le programme cohérent d’action,

- de déterminer l’ordre des actions,

- de définir les suivis à mettre en œuvre pour mesurer l’efficacité des actions du programme.

Bien évidemment, le programme d'intervention à proposer dans cette étude doit prendre en compte :

- Les contraintes réglementaires,

- La faisabilité technique,

- L'usage de la navigation, l'impact sur les crues, l'impact environnemental,

- La restauration des fonctions écolo-giques, l’amélioration des conditions de connexion des annexes fluviales,

- L'acceptabilité sociale des leviers.

 Déroulement de l’étude

 Dans une première phase, différents scénarios devront être proposés et analysés au regard des attentes exprimées par les acteurs et usagers du secteur d’étude et du niveau de faisa-bilité.

Dans un premier temps, une analyse préalable devra expliciter les stratégies envisageables, en indiquant les résultats possibles et les contraintes et risques.

Dans un deuxième temps, il conviendra de fournir aux responsables du Plan Loire, les éléments leur permettant de retenir un scénario préférentiel.

Une deuxième phase consistera à définir, pour le scénario retenu, un programme opérationnel d’actions.

Organisation de l’étude

• Un comité d’experts assiste le GIP?Loire estuaire dans la conduite des études.

• La concertation autour de cette démarche s’appuiera sur les dispositifs mis en place : comité d’estuaire et groupe de travail “acteurs-usagers” constitué en 2008/2009.

Le calendrier de l’étude

Après consultation réglementaire, ce sont les bureaux d’étude Hydratec et Asconit qui ont été retenus.

La démarche a été engagée à l’été 2011 avec les acquisitions de données nécessaires.

La première phase de la mission est en cours d’exécution jusqu’à la fin du premier semestre 2012.

Les résultats de la deuxième phase doivent être livrés pour la fin 2012.

Voilà un programme ambitieux qui devrait permettre de définir, jusqu’à l’horizon 2020, une stratégie d’actions    cohérentes pour l’ensemble du bief, du bec de Maine à Nantes.

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